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Activités

COMPTE RENDU DE LA MISSION A PRETORIA EN AFRIQUE DU SUD



Le Directeur Exécutif par intérim du CAPES, a participé avec ses collègues d’Afrique et d’autres pays (américains, européens notamment) au premier sommet des Think Tanks (Centres d’Excellence) africains. Organisé par l’Université de Pennsylvanie (Etats Unis d’Amérique), il s’est tenu les 3, 4 & 5 Février 2014 à Pretoria en Afrique du Sud sur le thème Think Tanks and the Transformation of Africa (Centres d’Excellence et Transformation de l’Afrique).
Quatre points essentiels ont été débattus, à savoir :
1. Le renforcement du rôle des Think Tanks (TT) dans l’information des décideurs et la formulation des politiques ;
2. L’impact des TT : qu’est-ce que c’est et comment le mesurer ;
3. La mobilisation des ressources financières ;
4. La communication et le networking (réseautage).

Position des Think Tanks par rapport aux décideurs politiques

Bien que les TT soient une source de connaissances d’aide à la décision, certains TT n’ont pas toujours les mêmes agendas que les décideurs politiques, ni le personnel en quantité et en qualité requises ; ils n’ont pas toujours eu l’initiative en matière de plaidoyer.
Les TT doivent-ils être proches ou loin de la sphère des décideurs politiques ? La question mérite d’être posée en ce sens que être trop proches pourrait leur ôter l’indépendance d’esprit et d’analyse ; à l’inverse en être trop loin serait fatale pour leur efficacité en ce qui concerne l’utilisation des résultats de leurs travaux.

Les débats se sont conclus sur le consensus que les TT devraient trouver un équilibre entre les deux ; en tout état de cause ils devraient plutôt être proches de la sphère de décision afin de s’assurer que leurs recommandations seront prises en compte dans le processus de formulation, de mise en œuvre et de suivi-évaluation des politiques, et même bénéficier de ressources financières comme c’est le cas dans certains pays comme la Chine et l’Allemagne où les TT, jouent le rôle de Conseils directs des décideurs politiques.
Afin de mieux jouer leur rôle, les TT doivent être capables de prédire, d’anticiper et se montrer créatifs en vue de renforcer leur crédibilité.

L’impact des TT : qu’est-ce que c’est et comment le mesurer

L’impact influence non seulement les politiques mais aussi stimule les débats pour un meilleur futur de la société. Seul l’impact est à même d’assurer un plaidoyer pour la survie ou le rayonnement des TT.
Il est vrai que les TT accumulent des impacts mais ceux-ci sont effectivement difficiles à isoler et à attribuer aux seuls TT ; d’où la nécessité de mettre en place une méthodologie appropriée pour apprécier et mesurer les impacts des TT. En la matière, le Suivi-évaluation devient incontournable pour non seulement permettre aux TT de pouvoir redéfinir les axes de réflexion pour de meilleurs résultats mais aussi pour permettre aux bailleurs de fonds de voir que les fonds investis ne l’ont pas été inutilement. C’est d’ailleurs à cette condition qu’ils seront prêts à appuyer les TT ; à cet effet, la tendance devra être à une évaluation individuelle des TT.

a mobilisation des ressources financières

Les ressources financières deviennent de plus en plus rares dans un contexte de plus en plus complexe et dynamique. Une menace réelle est celle venue de la compétition que les institutions des pays développés (universités, TT, et même certaines ONGs) ayant des avantages comparatifs par rapport aux TT du sud, exercent sur le marché des fonds.
Les TT du sud doivent alors être encore plus agressifs dans la recherche des fonds. A cet égard, des actions doivent être prises à travers la différenciation par la spécialisation, la collaboration par un partenariat plus étoffé et dynamique (partnership or perish !).

A cet égard, quelques recommandations ont pu être formulées, à savoir entre autres :
• Créer un poste de ‘mobilisateur des ressources’ au sein du personnel ;
• Développer des relations de partenariat avec les bailleurs de fonds ;
• Développer la consultance pour renflouer les caisses ;
• Mettre à contribution les comités d’orientation dans la mobilisation des ressources financières ;
• Solliciter la contribution du secteur privé pour le fonctionnement, quitte à lui assurer des prestations ;
Dans le même temps, il faut de plus en plus un personnel tant en quantité qu’en qualité (de niveau universitaire et versé dans l’élaboration des politiques) que l’on ne pourra retenir que par des incitations financières suffisantes sous peine de voir les experts, souvent les meilleurs, partir pour des offres plus attrayantes. Toute chose qui constitue un défi à relever au quotidien dans un contexte de ressources financières de plus en plus rares mais marqué par une demande de plus en plus forte adressée aux TT.

La communication et le networking (réseautage)

Pour gagner en visibilité et en efficacité, les TT devront développer un système de communication approprié. La communication doit se faire de manière pertinente, c’est-à-dire en étant spécifique au regard des cibles : décideurs politiques, secteur privé, OSCs et grand public). En d’autres termes, il y a nécessité d’adapter les produits à communiquer au public cible.
Le réseautage (networking) devra également être développé par entre TT d’une même région, de différentes régions afin de mutualiser leurs ressources et partager leurs méthodologies d’investigation en vue d’accroitre leurs performances.