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Conférences publiques

Conférence publique sur les hydrocarbures et les perspectives des biocarburants au Burkina Faso


Le 16 novembre 2006 s’est tenue une conférence publique organisée par le Centre d’Analyse des Politiques économiques et Sociales (CAPES) sur le thème « Les hydrocarbures et les perspectives de développement des biocarburants au Burkina Faso ». La conférence qui a eu lieu à la Caisse Générale de Péréquation (CGP) a regroupé une cinquantaine d’experts, de chercheurs et de personnes ressources issus d’instituts, centres de recherche et entreprises nationaux. Le thème de cette rencontre a été animé par monsieur Pierre Claver DAMIBA, par ailleurs ancien Ministre, ancien fonctionnaire international et actuellement consultant international.

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La cérémonie d’ouverture de la conférence a été maquée par une brève intervention du Directeur Exécutif du CAPES, Dr Emile Basga DIALLA qui, après avoir saluer les participants, a témoigné sa gratitude à l’endroit des personnes ressources qui ont accepté de faire prendre part à ces échanges. Il a tenu à rappeler que l’objectif du CAPES à travers l’organisation de telles rencontres est de susciter et de contribuer à la réflexion sur des thèmes d’actualités qui ont un lien étroit avec le développement du Burkina Faso. Par rapport à la présente conférence, le Directeur Exécutif du CAPES a rassuré les participants que le Centre formulera des recommandations à l’issus des échanges qui seront soumis aux autorités compétentes.

A l’issue de l’intervention du Directeur Exécutif du CAPES, Monsieur Pierre Claver DAMIBA a pris la parole pour d’abord remercier les participants avant de présenter le thème de la conférence. Sa réflexion s’est articulée en deux grandes parties :

1ère partie : Problématique des hydrocarbures Cette première partie a porté sur les points suivants :

 Problématiques globales
 Les produits pétroliers au Burkina
 Problématiques nationales
 Les enjeux pour le Burkina
 Recommandations pour le Burkina.

En effet, le Consultant s’est étalé sur le fait que le pétrole est un produit épuisable qui se raréfie et qui, de ce fait, devient de plus en plus cher avec les nouvelles demandes que constituent la Chine et l’Inde. Cette situation actuelle du pétrole est sous tendue par les tensions géopolitiques du moyen orient qui concentre 60% des réserves connues et cela créé des incertitudes sur le marché. Les principales causes de la cherté du pétrole se ramènent selon le Consultant à la faiblesse de l’offre due au faible niveau des investissements dans ce secteur dans les années 70, à l’augmentation des frais maritimes et à la sur spéculation des taux sue les marchés en raison de la perspective de raréfaction du produit pétrolier. Les indicateurs concernant le Burkina Faso montrent le les produits pétroliers représentent 20% des importations au plan national ce qui exprime une certaine dépendance et une vulnérabilité du pays en termes d’hydrocarbures. Pourtant, a insisté le Consultant, la principale source d’énergie au Burkina Faso est le bois et non le pétrole. Cependant, il existe une politique d’encadrement des prix de ventes des hydrocarbures.

La totale dépendance du Burkina vis-à-vis des importations de pétrole est due au fait que le pays ne produit pas d’hydrocarbures et à son éloignement de la mer. Le coût élevé du pétrole a des répercutions au plan économique à savoir qu’il :

 érode le pouvoir d’achat des ménages,
 pèse sur la compétitivité des entreprises,
 accroît la facture pétrolière de l’Etat
 créé des incertitudes sur les perspectives de croissance.

Le Consultant a formulé des recommandations dans cette première partie par rapport à la crise du pétrole. Au niveau institutionnel, il a recommandé :

 la mise en place d’instances de propositions en matière de carburants ;
 la mise en place d’une agence burkinabè des énergies renouvelables,

Concernant les prix, il a recommandé de :

 Geler momentanément, les prix à la pompe et opter pour une répercussion modulaire,
 considérer une fiscalité différenciée et modulée pour tenir compte des secteurs sensibles tels que les transports, l’agriculture, les industries, les boulangeries, etc.

Concernant l’économie de l’énergie, il a recommandé au Burkina Faso de :

 instaurer la journée continue de travail afin de réduire la facture pétrolière de l’Etat,
 encourager l’importation de véhicules économiques et propres,
 Appliquer une fiscalité dissuasive sur les grosses cylindrées.

Au niveau stratégique, il a recommandé de :

 relever le niveau de stock de sécurité et le financer avec des ressources concessionnelles,
 conduire une étude fine sur la production d’énergie
 s’engager dans le dans la production des biocarburants et promouvoir, à cet effet, des partenariats stratégiques entre SOFITEX et SOVOMA au Burkina, Petrobas au Brésil et Dagris en France,
 entreprendre ou renforcer des actions stratégiques auprès des acteurs
 conduire une étude prospective régionale sur l’énergie.

2ème partie : Perspectives de développement des biocarburants La deuxième partie a été développée en deux points essentiels :

 Problèmes généraux des biocarburants
 Perspectives pour le Burkina Faso
Le Consultant a commencé par définir les concepts clés de cette partie. Pour l’essentiel, on peut retenir qu’il y a deux sources d’énergie à savoir les fossiles (charbon minéral, pétrole, gaz naturel) et le renouvelable que constituent le soleil, le vent, l’eau et la biomasse. Pour ce qui est du biocarburant qui fait essentiellement l’objet de la conférence, il s’agit d’un combustible liquide ou gazeux issu de la biomasse. Il existe deux types de biocarburants à savoir le Diester (huile incorporée dans gazole de 5 à 30%) et le biocarburant-alcool incorporé dans essence produit à partir de végétaux riches en sucre qu’on transforme en éthanol. Il y a une relation entre hydrocarbures et biocarburants qui donne l’équation suivante : 1000 tonnes d’huile + 158tonnes d’éthanol anhydre donnent 985 tonnes de biodiesel + 122 tonnes de glycérine.

Le fait important de cette partie réside dans le fait que, selon le Consultant, les biocarburants n’ont pas que des avantages mais ils comportent aussi inconvénients qu’il est important de souligner. Parmi les avantages de ce produit, on note que :

 son effet de serre (émission de CO2) est proche de zéro,
 le biocarburant se dégrade facilement que les carburants fossiles en cas de « marée noire »,
 il comporte une plus grande sécurité dans les approvisionnements énergétiques.

Cependant, le biocarburant comporte aussi des inconvénients qui sont essentiellement de deux ordres :

 le risque de production de la quantité de nourriture produite pendant qu’il y a déjà 800 millions d’affamés et de sous alimentés,
 le risque d’entraîner une agriculture intensive pour produire la matière peut s’avérer non écologique en ce sens qu’il peut en résulter un épuisement des nappes phréatiques, pollution des eaux par usage d’engrais et de pesticides.

A la suite de l’exposé de Monsieur BAMIBA, les participants ont procédé à des échanges qui ont surtout porté sur des éléments de coût, de faisabilité, d’adaptation et de compréhension. Il est ressorti de ces échanges que la question des biocarburants n’est pas une idée nouvelle au Burkina Faso en ce sens qu’il est en train d’être installé un laboratoire de biocarburant à l’école EIER-ETSHER qui sera fonctionnel à l’échéance de trois ans.

Des préoccupations qui ont été soulevées, le CAPES a promis de les traduire en recommandations qui seront transmis aux autorités compétentes.