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ETAT DES LIEUX DES SAVOIRS LOCAUX AU BURKINA FASO


INTRODUCTION GENERALE

A l’initiative du Centre d’Analyse des politiques Economiques et Sociales (C.A.P.E.S) du Burkina Faso un groupe de consultants a rédigé cet état des lieux des savoirs locaux au Burkina Faso. Il s’est agi principalement d’établir un inventaire des bonnes pratiques ancestrales et de formuler des propositions pour que ces savoirs locaux soient des « facteurs d’impulsion du développement ».
Les termes de références de l’étude indiquent comme objectifs spécifiques :

  • accroître notre connaissance des savoirs locaux ;
  • identifier et inventorier les pratiques ou systèmes des savoirs locaux ;
  • disséminer ces savoirs locaux pour une utilisation concrète dans les programmes et projets de développement au Burkina Faso.

Quant aux résultats attendus de l’étude, on retiendra qu’elle doit permettre que :

  • notre connaissance des savoirs locaux s’est accrue ;
  • les savoirs locaux sont inventoriés ;
  • les savoirs locaux sont disséminés pour une utilisation concrète.

Les consultants, tous spécialistes dans leur domaine, ont traité des volets suivants en matière de savoirs locaux : ethnobotanique et médecine traditionnelle ; pratiques et systèmes culturaux ; ethnozoologie et santé animale ; habitat, matériaux locaux et énergie ; artisanat, arts du feu et pratiques funéraires. Il reste entendu que ces volets identifiés et retenus ne couvrent pas tout l’espace des savoirs locaux au Burkina Faso. Il est donc suggéré que l’étude se poursuive sur d’autres thèmes.
Sur le plan méthodologique, les consultants ont eu à exploiter tout d’abord une abondante production scientifique jusque là peu connue. Celle-ci permettait d’obtenir des renseignements sur les volets retenus et à travers tout le territoire national. Dans quelques cas, des consultants ont dû compléter leurs informations par de nouvelles recherches de terrain. Au demeurant, le temps imparti à la consultation ne permettait pas de s’investir profondément dans de nouvelles recherches de terrain.

Les résultats atteints ont été regroupés en quatre parties :
La première traite de l’état des lieux des savoirs locaux dans les domaines de l’ethnobotanique et de la médecine traditionnelle. Les auteurs sont Dr Ouétian BOGNOUNOU et Pr. Sita GUINKO.
La deuxième partie fait l’état des lieux des savoirs locaux dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. Elle a été rédigée par les docteurs Frédéric KAMBOU et Hamidou Hamadou TAMBOURA.
Les savoirs locaux dans les domaines de l’habitat, des matériaux locaux et de l’énergie, font l’objet de la troisième partie dont se sont occupés Dr Issiaka Isaac DRABO et le Pr. Raguilnaba OUEDRAOGO.
Enfin la quatrième partie regroupe l’artisanat, les arts du feu et les pratiques funéraires. Dr Jocelyne K. BOUSSARI/VOKOUMA et Pr. Jean-Baptiste KIETHEGA en sont les auteurs.
L’ensemble de l’étude a été coordonné par le Professeur Jean-Baptiste KIETHEGA.
De l’utilité de cette étude, on ne saurait douter. La sagesse africaine ne dit-elle pas que c’est au bout de l’ancienne corde que l’on tresse la nouvelle ? C’est donc tout à fait normal que l’on recherche a impulser le développement en prenant pour bases les acquis du passé. Comme l’écrit si bien le Docteur Basga Emile DIALLA (2004, P.7), « les savoirs locaux ont été développés, pratiqués et transmis de génération en génération et ont fait leurs preuves. C’est sur la base de ces savoirs locaux que les populations rurales ont pu s’organiser, s’adapter et survivre dans des environnements bien souvent hostiles ». Cet auteur ajoute avec pertinence que c’est l’influence de l’héritage colonial et les sciences sociales du XIX e siècle qui ont plongé dans l’oubli ces savoirs locaux. En effet, ceux-ci étaient perçus comme « primitifs » en comparaison de la science moderne, et même comme « des curiosités, voire des reliques ou de la superstition ».
La prise de conscience de l’utilité des savoirs locaux pour le développement est somme toute récente. Au plan international, la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, le développement et la protection de la biodiversité tenue en juin 1992 à Rio de Janeiro et dont est issu l’agenda 21, invitait la communauté internationale à inventorier les savoirs locaux. La même année, au mois de septembre, s’est tenue aux Philippines une Conférence internationale sur « savoirs locaux et développement durable ». Suit la Conférence de 1993 de Washington sur « les savoirs locaux traditionnels et le développement ». En juin 1997 à Toronto s’est tenue la 1ere conférence mondiale sur « le savoir mondial au service du développement ». Elle a été à l’initiative du Canada et de la Banque Mondiale. Cette dernière lance en 1998 son programme « Savoirs locaux au service du développement ».
Au plan national, il s’est tenu à Ouagadougou du 24 au 26 janvier 2002 un atelier national sur le thème « Problématique d’intégration des savoirs locaux dans les programmes de développement ». Ce fut à l’initiative du Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme soutenu par la Banque Mondiale.
Cet atelier a abouti à des conclusions qui ont servi de base à la formulation d’un « Plan d’Action pour l’intégration des savoirs locaux dans les programmes de Développement : un cadre d’action ».
Ce plan prévoit entre autres étapes, l’identification des savoirs locaux par domaines de savoirs. En novembre 2004, a la demande du Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie, Ouétian BOGNOUNOU et Jean-Baptiste OUEDRAOGO ont mené une étude sur « les savoirs et savoir-faire traditionnels ». Celle-ci fait ressortir des types de savoirs en rapport avec la présente étude.
C’est donc fort de tous ces précédents, que le Centre d’Analyse des Politique Economiques et Sociales (C.A.P.E.S.) entreprend cette étude.
Il convient cependant de souligner qu’auparavant plusieurs Organisations Non Gouvernementales (ONG) avaient perçu la nécessité d’utiliser les savoirs locaux pour un développement endogène. On peut citer le cas de INADES-Formation et le très réputé SIX « S » (Savoir Se Servir de la Saison Sèche en Savane » basé à Ouahigouya et né de l’initiative d’un fils du terroir, Lédéa Bernard OUEDRAOGO.
Les savoirs locaux dans le contexte burkinabè, vu la grande diversité culturelle du pays (plus de 60 groupes ethniques), sont très variables d’un groupe à l’autre.

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